Rhinocéros, dans une mise en scène de Jean-Guy Legault, transposé – et actualisé – dans une tour à bureaux, à mi-chemin entre le World Trade Center et le Zoo de Granby. Au TNM, jusqu’au 19 décembre 2007.
Personnage le plus attachant:
Benoît Girard, dans le «rôle du vieux monsieur», tellement un petit rôle que l’on n’a pas cru bon de lui donner un nom.
Place à l’amélioration:
Marc Béland se transformant en rhinocéros. On l’attendait avec impatience, cette transformation de Marc Béland en pachyderme. Un peu décevant pour un comédien de la trempe de Marc Béland.
Place à l’amélioration aussi pour la mise en scène de Legault. Une mise en scène débridée dont on ressent malheureusement un certain essoufflement (l’image du pacemaker dont les piles sont à terre conviendrait à merveille) vers le milieu de la pièce, sauvée de justesse (le pacemaker rechargé à même une batterie de char) par la prestance d’Alain Zouvi.
Coup de coeur:
Ce cher Alain Zouvi! Il vole carrément la vedette à Marc Béland, à un point tel que l’on se demande pourquoi ce n’est pas lui qui est sur les affiches promotionnelles.
On n’a d’autre choix que d’acquiescer à ce que dit Lorraine Pintal, directrice du TNM: «[…] le monologue final de Bérenger […] est un véritable morceau de bravoure existentielle». Et j’ajouterais: une bravoure existentielle digne d’un orgasme (ça se peut?).
Dernière réplique:
Bérenger qui s’écrie: «Je ne capitulerai jamais!».
Ne pas aller voir:
Si vous êtes hypocondriaque. Vous risquez de passer les prochains jours à avoir peur d’attraper la «rhinocérite»…
Rhinocérite: n.c.f., maladie de l’âme qui se caractérise par une transformation physique de l’individu en un pachyderme. Symptômes: couleur verdâtre, corne s’élevant au-dessus du nez, perte d’identité et consentement volontaire, mais irréfléchi, de se fondre dans la masse.
Si vous avez aimé, nous vous suggérons:
Ikea. Quelques heures de magasinage dans le magasin suédois – qui soustraite depuis peu en Chine –, vous permettront de dénicher plusieurs accessoires du décor de la pièce. Juste si vous y tenez.
La pièce Théâtre extrême, si elle reprend l’affiche. Présentée l’été dernier au Théâtre d’Aujourd’hui, cette pièce présente la première course à la chefferie du nouveau Parti Populaire du Québec. Écrite et mise en scène par Jean-Guy Legault, elle lui valut tous les honneurs. Mon coup de cœur de l’été.
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Ce texte a été publié dans le webzine P45 (http://www.p45.ca/)
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